
Bon, je vais être honnête avec vous. La semaine dernière, j’ai matché avec un mec sur une appli de rencontre. Première phrase d’accroche plutôt sympa, on rigole un peu. Deuxième message, il me demande si je suis libre ce soir pour « passer à la maison ». Genre direct. Pas de filtre. J’ai même pas eu le temps de lui dire mon prénom qu’il avait déjà planifié notre soirée chez lui.
Et c’est là que j’me suis dit : Punaise, mais c’est quoi ce délire ? Pourquoi y’en a autant qui font ça ? C’est devenu la norme ou quoi ? Bienvenue dans le monde merveilleux du syndrome de l’homme pressé. Un truc qui existe depuis que les applis de rencontre existent, mais dont personne ne parle vraiment franchement.
Parce que voilà le problème : on se retrouve coincé entre l’envie de donner sa chance à quelqu’un et ce petit truc dans notre ventre qui nous dit « euh attends, là c’est bizarre non ? ». Et du coup, on fait quoi ? On ignore ? On bloque direct ? On pose des limites en priant pour pas passer pour une coincée ? C’est exactement ça qu’on va essayer de démêler ensemble.
Alors attention, je vais pas vous faire le coup de « tous les hommes sont pareils » parce que c’est faux. Mais quand même, faut avouer qu’il y a un pattern. J’ai des copines qui vivent la même chose, ma sœur aussi, et franchement ça commence à faire beaucoup.
Ce qui est intéressant – enfin intéressant, façon de parler – c’est que tous ces mecs qui montrent le syndrome de l’homme pressé n’ont pas forcément les mêmes raisons. Y’en a qui sont juste… comment dire… un peu gauches ? Ils pensent que montrer qu’ils veulent aller vite, c’est montrer qu’ils sont intéressés. Dans leur tête, c’est un compliment. « Regarde comme je te trouve bien, je veux te voir tout de suite ! ». Sauf que bon, en vrai, ça fait plutôt flippant qu’autre chose.
Et puis y’a l’autre catégorie. Ceux qui ont une approche hyper transactionnelle des rencontres. Pour eux, discuter c’est perdre du temps. Ils sont là pour un objectif précis (devinez lequel), et ils veulent l’atteindre le plus vite possible. Les applis de rencontre et les sites de rencontre, c’est un peu leur Uber Eats version relations humaines. Pratique, rapide, efficace.
Le truc, c’est que dans les deux cas, ton ressenti à toi ? Bah il est pas vraiment pris en compte. C’est un peu comme si quelqu’un décidait pour toi à quelle vitesse vous allez avancer tous les deux, sans te demander ton avis. Et ça, même si c’est pas fait exprès, ça reste problématique.
Bon et là on rentre dans un truc moins sympa. Parce qu’il y a aussi – et j’aimerais bien vous dire que c’est rare mais ce serait mentir – il y a aussi des mecs qui font ça de manière totalement calculée. Ils balancent une demande trop directe, trop rapide, juste pour voir comment tu réagis.
Si tu dis oui facilement, ils savent qu’ils peuvent continuer à pousser. Si tu poses des limites, soit ils se calment (et là ok, maybe ils étaient juste maladroits), soit ils insistent encore plus. Et ça c’est le vrai drapeau rouge. Celui qui clignote en mode « danger, casse-toi de là ».
C’est un peu comme les arnaques par mail en fait. Vous savez, ces messages bourrés de fautes d’orthographe ? Les chercheurs ont découvert que c’était volontaire. Ça permet de filtrer direct les gens trop méfiants et de garder seulement ceux qui vont mordre à l’hameçon. Bah le syndrome de l’homme pressé, des fois, c’est pareil. Un filtre pour trouver les personnes qui poseront pas trop de questions.

Alors je sais ce que vous vous dites. « Oui mais si je pose des limites dès le début, il va me trouver chiante ». Ou pire : « et si j’exagère ? Si c’est moi qui suis trop parano ? ». J’ai eu exactement les mêmes pensées. Des centaines de fois.
Sauf qu’en fait, voilà ce qui se passe quand tu laisses passer. Tu envoies un message sans le vouloir. Le message que c’est ok de ne pas respecter ton rythme. Que c’est ok de décider des choses pour toi. Et après, franchement, c’est l’enfer pour renverser cette dynamique.
J’ai une amie – appelons-la Sophie – qui a rencontré un mec sur Tinder. Dès le premier soir, il lui a demandé son adresse. Elle a trouvé ça bizarre mais elle s’est dit « bon allez, je suis trop méfiante ». Elle lui a donné. Le lendemain il débarquait chez elle sans prévenir avec des fleurs. Romantique ? Non. Flippant. Mais elle avait déjà cédé sur la première limite, donc c’était compliqué de lui dire « en fait non, c’est pas cool ».
Résultat : trois mois de relation où c’était toujours lui qui décidait de tout. Quand ils se voyaient, ce qu’ils faisaient, à quel rythme ils avançaient. Parce que le ton était donné dès le départ.
Vous savez quand vous rencontrez quelqu’un en vrai, y’a plein de petits signaux que vous captez ? La façon dont il vous regarde, s’il vous coupe la parole, s’il écoute vraiment ce que vous dites ? Bah sur les applis c’est pareil, sauf que tout passe par les messages.
Et ces premiers échanges, même s’ils sont courts, ils en disent long. Vraiment long. Quelqu’un qui respecte ton rythme dès le début, qui pose des questions sur toi, qui rebondit sur ce que tu racontes… c’est quelqu’un qui a compris le concept de base d’une relation : elle se construit à deux.
À l’inverse, celui qui manifeste le syndrome de l’homme pressé dès les premières minutes, qui pousse constamment pour aller plus vite, pour obtenir plus… bah désolée mais statistiquement, ça va pas s’arranger. J’aimerais vous dire que si vous êtes patiente ça va changer, mais j’ai jamais vu ça arriver. Jamais.
C’est un peu comme les entretiens d’embauche en fait. Les premières minutes donnent le ton de toute la relation professionnelle. Si ton futur boss te parle mal dès le premier rendez-vous, tu prends pas le poste en te disant « ça va s’améliorer ». Bah là c’est pareil.
Ok donc on est d’accord, faut réagir. Mais comment on fait concrètement sans que ça parte en cacahuète ? Parce que le but c’est quand même pas de clasher tous les mecs de l’application non plus.
La clé – et j’ai mis du temps à la trouver hein – c’est d’être claire mais pas agressive. Ferme mais pas froide. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire, mais en vrai avec un peu de pratique ça vient.
Par exemple, l’autre jour un mec me demande mon numéro au bout de… attendez je compte… quatre messages. Quatre. On s’était même pas dit d’où on venait. Avant j’aurais paniqué, j’aurais soit donné mon numéro en me forçant, soit ghosté comme une lâche. Mais là j’ai juste répondu : « Haha tu vas vite dis donc ! 😊 J’aime bien prendre le temps de connaître un peu les gens avant. Dis-moi plutôt, tu fais quoi comme taf ? »
Simple. Direct. Pas méchant. Et devinez quoi ? Il a répondu super normalement et on a continué à discuter tranquille. Peut-être qu’il était juste un peu trop enthousiaste, qui sait. En tout cas il a capté le message.

Sérieux, je peux pas assez insister là-dessus. L’humour ça désamorce tellement de situations tendues. Face au syndrome de l’homme pressé, une petite vanne bien placée ça fait des miracles.
Genre le mec qui te propose direct de venir chez lui : « Waouh on a même pas parlé de nos séries préférées que tu m’invites déjà chez toi ! 😄 Et si t’étais un fan de Koh Lanta hein, je peux pas prendre ce risque ! C’est quoi ton top 3 Netflix ? »
Ça fait passer ton message – « non, pas maintenant » – sans créer de tension. Ça redonne aussi le rythme de la conversation. Tu reprends la main gentiment. Et surtout, ça te permet de voir comment il réagit.
Si le mec a de l’humour et qu’il était juste un peu maladroit, il va rebondir et vous allez rigoler ensemble. Si par contre il insiste lourdement malgré ta vanne, bah là tu sais à quoi t’en tenir. Next.
Bon maintenant on va parler du cas moins drôle. Parce que malheureusement, y’en a qui comprennent pas les sous-entendus. Ou qui font semblant de pas comprendre, c’est selon.
Si après avoir posé gentiment ta limite, le mec continue à pousser, là faut être plus directe. Pas besoin de t’énerver, pas besoin de te justifier pendant trois heures. Un simple « Écoute, je vois qu’on est pas sur la même longueur d’onde niveau rythme. Je te souhaite de trouver ce que tu cherches ! » et hop, unmatch.
Parce qu’un mec qui respecte pas un « non » poli, c’est pas un mec qui mérite ton temps. Point. Y’a pas de débat là-dessus. Le syndrome de l’homme pressé couplé à l’incapacité de respecter tes limites, c’est la pire combinaison possible.
Et franchement, tu lui dois rien. Ni explications, ni justifications, ni chances supplémentaires. Vous vous connaissez même pas. Donc si son comportement te met mal à l’aise, tu dégages. Sans culpabilité.
Bon attention quand même à pas tomber dans l’excès inverse. Parce qu’entre nous, si on bloque tous les mecs qui montrent un minimum d’enthousiasme, on va finir toutes seules avec nos chats. Et j’aime beaucoup les chats mais quand même.
Y’a une vraie différence entre quelqu’un qui est juste content de discuter avec toi et quelqu’un qui montre vraiment le syndrome de l’homme pressé de manière problématique. Comment on fait la diff ? C’est simple : tu regardes comment il réagit quand tu ralentis le tempo.
Un mec qui est juste enthousiaste, quand tu lui dis « on prend notre temps », il va répondre un truc du genre « oui bien sûr, aucun souci ! Je suis juste content de te parler ». Et il va vraiment ralentir. Il va poser des questions sur toi, il va partager des trucs sur lui, il va construire une vraie conversation.
Le mec relou, lui, il va soit insister (« ohhh allez juste ton snap »), soit bouder, soit carrément te faire la morale sur comment tu devrais être plus spontanée. Spoiler : c’est pas ton problème, c’est le sien.
Y’a un autre truc aussi qui marche bien pour différencier. Regarde le ratio entre les questions qu’il te pose sur toi et les fois où il ramène la conversation vers « quand est-ce qu’on se voit ».
Quelqu’un qui s’intéresse vraiment à toi va vouloir savoir des trucs. Tes passions, ce que tu fais dans la vie, ce qui te fait rire, tes projets. Il va rebondir sur ce que tu racontes. Il va créer des private jokes entre vous. Il va construire quelque chose.
Celui qui a le syndrome de l’homme pressé de manière toxique, chaque message ramène au même point : « bon alors, on se fait un truc quand ? ». Tu peux lui raconter que tu viens de gagner au loto, il te répondra « ah cool ! Bon du coup t’es dispo demain ? ». C’est caricatural mais vous voyez l’idée.

J’ai mis du temps à comprendre ça. Vraiment. Mais maintenant je sais que si quelque chose me met mal à l’aise, c’est pas anodin. C’est jamais anodin. Mon cerveau a capté un signal et il essaye de me prévenir.
On nous a tellement appris à être gentilles, arrangeantes, à pas faire de vagues. Surtout nous les femmes. « Allez sois cool », « t’exagères pas un peu ? », « donne lui sa chance ». Combien de fois j’ai entendu ces phrases ? Combien de fois je me les suis dites à moi-même ?
Mais être cool ça veut pas dire accepter n’importe quoi. Être cool c’est savoir ce qu’on veut, ce qui nous convient, et le dire. Sans s’excuser. Sans se justifier pendant trois heures. Juste le dire.
Et vous savez quoi ? Les bonnes personnes, celles qui méritent vraiment qu’on leur accorde du temps, elles vont respecter ça. Elles vont même trouver ça normal. Elles comprendront que vous avez besoin de vous sentir en sécurité, de construire une confiance, avant d’aller plus loin.
C’est dingue mais c’est vrai. La façon dont vous commencez à vous parler, ça va définir plein de choses pour la suite. Si dès le début tu acceptes que l’autre impose son rythme sans tenir compte du tien, tu construis une relation déséquilibrée.
Par contre si tu poses calmement mais clairement tes limites, tu montres que t’es quelqu’un qui se respecte. Et ça, croyez-moi, ça attire les bonnes personnes et ça fait fuir les mauvaises. C’est un filtre naturel hyper efficace.
Ma sœur m’a dit un truc l’autre jour qui m’a marquée : « Les meilleures relations que j’ai eues ont toutes commencé tranquillement. Celles qui ont commencé dans la précipitation se sont toutes terminées en catastrophe. » Et en y réfléchissant, pour moi aussi c’est vrai.
Donc voilà. La prochaine fois que tu detectes le syndrome de l’homme pressé, que ton ventre te dit « hmm y’a un truc », écoute-toi. Pose tes limites. Sans agressivité mais sans t’excuser non plus. Les bonnes personnes vont rester. Les autres… bah ils vont dégager, et franchement tant mieux. T’auras économisé du temps, de l’énergie, et probablement évité pas mal de galères.
Et puis rappelle-toi : t’es pas sur ces applis pour trouver n’importe qui. T’es là pour trouver quelqu’un qui te corresponde vraiment. Quelqu’un qui respecte ton rythme fait partie du package de base. C’est pas négociable.